La réalité de l'adoption en France
Le mythe du bébé à adopter :
briser les idées reçues
De nombreux candidats à l'adoption arrivent avec l'image d'un nourrisson à accueillir. La réalité est bien différente. Les enfants pupilles de l'État ont en moyenne 9 ans, selon les données de l'Observatoire National de la Protection de l'Enfance. Ce chiffre, souvent mal connu, traduit une transformation profonde de l'adoption en France.
La raison principale : les enfants qui deviennent pupilles de l'État aujourd'hui ne sont plus, pour la plupart, des nouveau-nés abandonnés à la naissance. Ce sont des enfants déclarés judiciairement délaissés par leurs parents, une procédure plus longue, déclenchée souvent après des années de signalements et de placements provisoires. Ces enfants ont donc vécu, attendu, espéré — avant d'être confiés à l'adoption.
« Beaucoup de postulants à l'adoption rêvent d'adopter un tout-petit. Mais dans les faits, les enfants adoptables en France sont plus âgés. »
— Karine Nivelais, référente Adoption Nationale à EFA
Pour les candidats à l'adoption souhaitant un nourrisson, l'attente moyenne est de 4 à 5 ans, voire davantage selon les départements. En revanche, les familles ouvertes à des enfants plus âgés trouvent un enfant bien plus rapidement : les candidatures sont moins nombreuses, et les conseils de famille étudient les dossiers avec une attention particulière.
Ouvrir son projet à un enfant de 5, 8, 10 ou 12 ans, ce n'est pas renoncer à quelque chose. C'est choisir un enfant qui attend depuis trop longtemps, qui a une histoire, une personnalité, des ressources — et qui n'attend que d'être choisi, lui.